μηδέν) : aucun, aucune; personne, ἀδικήμα, τὴν πόλιν ἐξαπατῶν 166 Voir Hélène Olivier, « Isocrate, penseur engagé, intellectuel, nouveau Socrate ? Est-ce ce que tu l'as fait, toi aussi ? οὐδ ΄ ἴδιον 69 Nicholas Denyer (éd. (μηδείς, μηδεμία, 179 Paulin Ismard, L’événement Socrate, Paris, Flammarion, 2013, p. 71-74. «toi qui ... ». Le serment implique la divinité Héra, citée à plusieurs reprises chez Platon. Socrate apparaît dans plusieurs dialogues platoniciens comme leur homologue. Les exemples sont nombreux et ont été donnés par ailleurs44, il suffira d’en commenter un seul. Why do speech-writers employ it ? ὅλων τι κινδυνεύεται [2.46] ; [5.4] ; [9.39] ; Lys. ), Antiphon, op. Ils peuvent aussi rendre « clair » un élément, que ce soit avec les adjectifs δῆλον, φανερόν ou λαµπρόν. L’élaboration d’une frontière entre la rhétorique judiciaire employée dans les procès privés et l’éloquence d’apparat déployée dans des circonstances plus nobles apparaît comme le moyen trouvé par Isocrate pour éviter la critique d’un savoir oratoire. cit., p. 16) qui explique que Lysias se dit inexpérimenté « alors qu’il n’était plus tout à fait un jeune homme » pour y voir un « artifice rhétorique […] guère contestable ». Tableau 48 : Raisons données par les orateurs pour justifier d’avoir intenté le procès en cours. τις ἐμπειρία Discours I, XII, XXIV, XXXII, Paris, Les Belles Lettres, 2015, p. 100. Il ajoute, dans un autre discours, qu’il expliquera l’affaire « de son mieux (ὅπως ἄν δύνωµαι)114 », sous-entendant que ses capacités en la matière sont limitées. Il conduit ce développement principalement dans deux discours, le Protagoras et le Gorgias : dans ces deux textes, il réclame à ses interlocuteurs que sont respectivement Protagoras et Gorgias, spécialistes de la rhétorique, de parler brièvement au cours de leur entretien. DEMOSTHENE, τιμωρίαν. cit., p. 152. 64 Dodds (éd. Pourtant, son talent oratoire est tellement éminent qu’il est allé jusqu’à inventer une situation fictive de procès pour louer sa capacité à faire des discours, dans le Sur l’échange : après avoir eu à se défendre contre un certain Mégacleidès dans la procédure d’échange (ἀντίδοσις*), Isocrate se rend compte qu’il pourrait défendre sa vie et sa méthode et crée de toutes pièces la simulation selon laquelle Lysimachos, personnage fictif, l’accuse de corrompre la jeunesse et de s’enrichir grâce à la rhétorique. 1.109 ; Lys. Discours, II, Paris, Les Belles Lettres, 1962 [1928], p. 36, n. 1. λόγους ἀνηλωκέναι L’évidence des faits”. démocratie, γενναίος,α,ον Dans cette mise en scène imaginaire, les digressions tiennent le premier rôle : Figurez-vous Démosthène une fois rentré chez lui, faisant la roue au milieu de ses jeunes disciples et racontant avec quelle adresse il a dérobé (ὑφείλετο) la cause aux juges. esprit, l'orateur ne parlera que par dévouement. 148 Adeline Grand-Clément, La fabrique des couleurs. Ὃς ( Ὃς quoi? τοῦ ῥήτορος, μισεῖν καὶ φιλεῖν ταῦτ ΄ ἀρνούμενος, πάντα τὸν 119 Vincent Azoulay, « Figures du politique en Grèce ancienne », séminaire du laboratoire ANHIMA 2018-2019. ἀνήλωκα) : dépenser, citoyens que voici sans rien me procurer de spécial ni de ), The Speeches of Isaeus, op. ἥκειν, πᾶσαν ἔχει κοινῶν εἰσεληλυθότας Il ne doit pas les entretenir dans ­Paulin Ismard a justement montré comment le philosophe, lors de son procès, cherche précisément à subvertir les codes de l’éloquence judiciaire, en refusant de préparer le moindre discours et de prononcer une plaidoirie qui répondrait aux codes du genre judiciaire179. πώποτε δημοσίου cit., p. 93. ὀργὴν οὔτε τὴν cit., p. 38. 18 Pour comprendre ces passages, voir l’étude du témoignage de l’adversaire dans le chapitre « L’ère des témoins » (p. 56). naturel; âme, dispositions naturelles, ἀνάγκη,ης 77 Dans un cas au contraire, l’orateur se vante d’être « habile » : Apollodore explique que ses adversaires ne pensaient pas qu’il serait assez avisé (δεινόν) pour examiner l’affaire de près (Dém. Certains plaignants déclarent qu’ils ont dû faire appel à d’autres personnes pour leur expliquer le droit, qu’ils ne connaissaient pas auparavant. Tableau 44 : Les accusations du discours digressif de l’adversaire dans les discours judiciaires. πεποίημαι. Le contraste dressé dans le Gorgias et le Protagoras ne repose donc sur aucune réalité. τὸ ταὐτὰ προαιρεῖσθαι L’architecte n’est là que pour leur dire oui, vos talents doivent être mis à contribution pour maintenir et enrichir une culture millénaire, dont l’architecture de terre (86). maux de la patrie, toi qui jusqu'à ce jour, comme chacun le cité, p. 84), « there was no class of people who could be called professional prosecutors motivated purely by pecuniary considerations ». (…). Other readers will always be interested in your opinion of the books you've read. S’il n’est ici question que des plaidoyers publics, une telle prescription ne saurait s’y limiter50. ἔχθραν οὔτ ΄ ἄλλο 15 Voir Johnstone, Disputes, p. 109-125 ; David Konstan, « Pity and the Law in Greek Theory and Practice », Dike, 3, 2000, p. 125-145. La réflexivité négative est un moyen de maintenir, en apparence en tout cas, la souveraineté du peuple. που, κατὰ τούτων. La remarque d’Eschine illustre surtout l’importance du motif : le plus haut conseil judiciaire, celui où la justice est rendue sans conteste de manière convenable voire honorable, fonctionne sans prendre en compte la compétence de l’orateur, pour laisser place à la réalité des faits. ΄ ὑπὲρ αὑτοῦ, cit., p. 2. Dans le dispositif de vérité, le thème de la fréquentation des tribunaux s’oppose à l’évidence des faits. αὑτῷ βεβαιοῦν, ἔμπροσθε χρόνον Évelpidès reproche précisément aux Athéniens de chanter toute leur vie dans les procès182. Sur la jeunesse, voir Gagarin (éd. 37Dans de nombreux cas, les plaignants affirment qu’ils n’ont même jamais fréquenté le milieu judiciaire (tableau 47)100. ἐναντίους ἐστὶ (προσθήσω δὲ façon. oratoire qu'on lui reconnaît. ὁρμεῖ τοῖς 10 Esch. 46.17). πράως καὶ μετρίως πρὸς ἔμ ΄ αὐτὸν Johnstone note ainsi que « le discours judiciaire était fortement réflexif et critique139 », quand Jon Hesk, qui a élaboré l’expression « rhétorique de ­l’anti-rhétorique » à partir des deux motifs de l’inexpérience et de l’attaque de l’adversaire comme orateur habile140, affirme que « l’éloquence athénienne est méta-discursive et consciente d’elle-même141 ». » Votre devoir est de vous opposer aux manœuvres de cet homme, de le suivre pas à pas, sans lui permettre jamais de s’écarter du sujet ni de s’appuyer sur des arguments étrangers au procès (πανταχῇ παρακολουθοῦντας µηδαµῇ παρεκκλίνειν αὐτὸν ἐᾶν, µηδὲ τοῖς ἐξαγωνίοις λόγοις διισχυρίζεσθαι) : à l’exemple de ce que l’on voit dans les courses de chars, contraignez-le à courir dans la carrière même du fait (εἰς τὸν τοῦ πράγµατος αὐτὸν δρόµον εἰσελαύνετε)36. L’originalité de l’adversaire de Démosthène vient à nouveau des métaphores qu’il emploie. Au contraire, quand il arrive auprès d’Hermès dans La Paix, Trygée se présente comme n’étant ni sycophante ni épris d’affaires (οὐ συκοφάντης οὐδ’ ἐραστὴς πραγµάτων)183. L’évidence des faits. δὲ ἀδικήματος traîtres et les mauvais conseillers, Traduction Il demande ainsi à Gorgias : « Mais sois fidèle à ta promesse et veuille répondre à mes questions avec brièveté (κατὰ βραχύ)57. Le passage le plus significatif à ce propos se trouve dans le Contre Midias de Démosthène. Démosthène déploie ces idées de façon pertinente, puisqu’il a tout juste l’âge requis pour porter l’affaire en justice. L’orateur n’est effectivement pas à l’aise : l’adversaire a attaqué Lycophron précisément sur le fait qu’il délaissait la tribune au profit d’un autre orateur, et celui-ci doit se défendre d’une telle critique (§ 11). Voir aussi Robert Flacelière, La vie quotidienne en Grèce au siècle de Périclès, Paris, Hachette, 1959, p. 296-297. στεφάνου καὶ Ἐν τίσιν contraire pour moi, tu peux le voir : je n'ai rien cherché flatte précisément les gens du fait desquels le pays cit., p. 145 ; Jon Hesk, Deception and Democracy in Classical Athens, Cambridge, Cambridge University Press, 2000, p. 208, n. 17 ; Christos Kremmydas, Jonathan Powell, Lene Rubinstein (dir. Si la stratégie diffère, les fondements du procédé demeurent identiques. quand le peuple est obligé de se défendre contre des 66Quelques ouvertures vers d’autres pratiques discursives de l’époque classique ont conduit à identifier ces caractéristiques comme des représentations partagées dans la société athénienne des ve-ive siècles. 48L’ensemble des références montre une double réflexivité, à la fois celle qu’exprime le plaignant vis-à-vis de lui-même pour se dire inexpérimenté, et celle qui est développée au sujet du genre oratoire en général afin de le dénigrer. défavorable : πρὸς τοὺς Comment cette autoprésentation est-elle déployée dans le dispositif de vérité ? de jalousie et de bassesse d'âme, non pas de quelque sentiment 57 Platon, Gorgias, 449b8-9. ΄ ἐφ ΄ ἃ συμφέρει Celui qui a cet état d'âme, ), Platon, II, Die Platonischen Schriften. 8Les orateurs cherchent ainsi à faire passer l’idée que ce ne sont pas eux qui s’expriment mais les faits qui « montrent » directement les éléments évoqués : l’idée que les faits montrent ou qu’il a été montré un point à partir des faits revient ainsi régulièrement (tableau 43), que ce soit avec les verbes δηλῶ (rendre visible, montrer, révéler), δείκνυµι et ses composés comme ἐπιδείκνυµι (faire voir, montrer, prouver) ou σηµαίνω (faire savoir, signifier, marquer d’un signe). Dans la mesure où les sources oratoires et platoniciennes sont contemporaines, il est impossible de savoir qui a influencé l’autre. qui? Au contraire, Eschine se présente comme celui qui supprime les parties inutiles. 7Le rapport qu’entretiennent les faits et la vérité est parfois plus approfondi chez les orateurs, qui vont jusqu’à parler de la « vérité des faits16 ». , υκος (ὁ) : le héraut ( οὐδ ΄ ὑπὲρ τούτων Une telle réflexivité donne ainsi l’occasion aux orateurs d’ajouter un nouvel élément pour enrichir le dispositif de vérité. Isocrate utilise les mêmes adjectifs que s’il s’était agi d’un adversaire alors qu’il s’oppose à l’un de ceux qui a profité de son enseignement. Chez Dinarque, il s’agit de relier les faits à la vérité (ἀληθεία) qui est elle aussi présentée comme s’étant tenue devant l’auditoire. Οὐ γὰρ αὐτῇ Seule demeure la perception très négative de l’occupation judiciaire. cit., chap. Quelques années plus tard, Eschine crée de nouvelles variations sur ce thème dans le discours Contre Ctésiphon, qui l’oppose toujours à Démosthène. τινα καὶ φωνασκίας pour aucune faute privée), ni dans l'intérêt de (τό) : le signe, le symptôme, la preuve, ἀγών,ῶνος τὴν μάχην (3) πρεσβευτὴς σφοδρός,ά,όν DELA. Quand les juges virent (ἀπιδόντων) sa beauté, ils l’acquittèrent1. αὕτη, τοῦτο καὶ ἀγαθοῦ 5.3 : la présence des deux mots implique, au moins ici, la nécessité de deux sens différents. Voir aussi Dover, Greek Popular Morality…, op. δικαστὰς ἀξιοῦν Quant aux faits, je vais essayer de vous raconter la vérité (περὶ δὲ τῶν γενοµένων πειράσοµαι ὑµῖν διηγήσασθαι τὴν ἀλήθειαν)48. 180 Carey (éd. ἀξιόω,ῶ 280. προσδοκίαν. se dépenser en longs discours. SA. Amateur and Professional Speech in the Courtrooms of Classical Athens, Cambridge/Londres, Center for Hellenic Studies, 2009. 41Le thème de la non-fréquentation des tribunaux est tellement important que Mantithéos, le plaignant des discours Contre Bœotos, commence par se défendre de tout « amour des procès (φιλοπραγµοσύνῃ)113 » : il ne veut pas être classé dans la catégorie de ceux qui font régulièrement des procès. ταῦτ ΄ ἀρνούμενος 2, « Come si ricostruisce il passato », en particulier p. 37-39. cit., p. 106. ἐκ τούτων, Αἰσχίνη, Ouh là, le doute commençait à l'emporter et ce n'était pas bon. PARIS-1851 The Project Gutenberg EBook of Histoire de la prostitution chez tous les peuples du monde depuis l'antiquit la p, by Pierre Dufour This eBook is for the use of anyone anywhere at no cost and with almost no restrictions … Il n’invoque pas la jeunesse pour l’étayer, c’est en effet impossible : il a plus de quatre-vingt ans à cette date154 et admet sa vieillesse (§ 26). 139 Johnstone, Disputes, p. 165, n. 107 : « The discourse of the courts was highly self-reflexive and critical. πᾶσα, πᾶν : tout, toute; chaque; 1.161. Je tendis les bras pour la serrer contre moi. ), Demosthenes: On the Crown, op. cit., p. 53) est éclairant : « In each case a sykophant appears onstage, is mocked, and is then expelled from the stage. et les mauvais conseillers), κατ-αράομαι, Ils font la liste des individus qui ont suivi son enseignement, parmi lesquels les orateurs Lycurgue et Hypéride. Les plaignants qui ont du talent dans l’art d’écrire et de déclamer des discours sont ceux qui peuvent mentir, au contraire des plaignants qui ne connaissent pas le monde du tribunal et n’ont aucune capacité d’élocution particulière. cité, p. 101-102. cit., p. 114. En effet, Socrate déclarait oublier de quoi on lui parlait lors de discours prolongés70. On se situe alors dans ce que les spécialistes depuis Platon et Aristote ont nommé l’exorde (προοίµιον)84, une adresse aux juges pour leur demander d’accueillir avec bienveillance (εὔνοια) leur discours et de ne pas se laisser convaincre par l’adversaire. ἔμοιγε δοκεῖς οὐδὲ τῆς ἀσφαλείας Discours. Sur ces passages, voir Calboli Montefusco, Exordium Narratio Epilogus, op. Chapitre 6. : ce, cette; celui-là, celle-là, cela, ἀρνέομαι,οῦμαι Un contre-exemple se trouve dans Lys. 1.166. Voir encore And. Voir en particulier p. 202-241. 23C’est plutôt la précision (ἀκρίβεια) qui est valorisée par Isocrate54. » Il essaie ensuite de montrer que ces affirmations correspondent à la situation réelle des plaignants. 29 Le terme πρᾶγµα n’est néanmoins pas univoque et peut également marquer l’idée de « faits » en général. ), Eschine. : de façon mesurée, avec mesure, modération, διάκειμαι 1.175-176. οῦμαι (inf aor προελέσθαι 177 Platon, République, VII, 517d5-e2. L’orateur réfute également toute expérience – l’ἀπειρία étant la négation de l’ἐµπειρία, l’expérience –, c’est-à-dire de connaissances judiciaires75. Ce trait permet de souligner que jeunesse et inexpérience ne sont pas strictement équivalents146. 36En vertu de l’idéal de justice que symbolise l’Aréopage, c’est la vérité qui y triomphe, quel que soit le talent de celui qui expose son cas99. 18.276-277. Vous allez être redirigé vers OpenEdition Search, Siron, N. 2019. 143 Sur la façon dont ces plaignants occupaient l’espace du tribunal, voir Victor Bers, Genos Dikanikon. Le plaignant ajoute qu’il va essayer d’exposer aussi rapidement que possible la suite des faits, alors qu’ils concernent le cœur de l’affaire : le poison est versé par la compagne dans les coupes bues après le repas. Michael Gagarin, à propos d’un passage d’Antiphon, pense que « cette expression et ses variations désignent communément la vérité objective ou factuelle par opposition aux conclusions tirées des arguments17 ». La vérité s’exprime elle-même, et elle ne fait pas que parler : elle crie, ce qui dénote la violence de son surgissement, laquelle fait écho à la vigueur du dévoilement de Phryné. C’est ce qui lui permet de se dire inexpérimenté, comme tous les autres, malgré son habileté oratoire grâce à laquelle il a vécu une partie de sa vie. 8.20. (aor moyen εἱλόμην) : prendre, cité, § 1-5. 59 Platon, Gorgias, 449b10-12 et 449c7-8. Plus récemment, voir les deux études de Robin Osborne, « Vexatious Litigation in Classical Athens: Sycophancy and the Sycophant », dans Paul A. Cartledge, Paul Millett, Stephen C. Todd (dir. Nicole Loraux y a vu une opposition irréductible : la forme dialogique est du côté de la brièveté des interventions à travers des questions-réponses qui confèrent une certaine intimité à l’entretien, tandis que la rhétorique développe de longs discours émaillés d’adresses au peuple, qui se comprennent par leur caractère public71. cit., p. 71. ; Οὐχ ὁ μὴ λέγων · ταὐτὰ γὰρ συμφέρονθ L’auto-caractérisation d’Eschine en tant qu’ἰδιώτης a été étudiée par Christian A. Preus, The Art of Aeschines: Anti-Rhetorical Argumentation in the Speeches of Aeschines, thèse, University of Iowa, 2012, http://ir.uiowa.edu/etd/2964/. L’explication de cette particularité isocratique réside dans le type de discours que compose l’orateur. : de façon juste, conformément à la justice, ἐπί avec bienveillance, par amour ), ἀπό L’ensemble figure dans trente-huit cas. Enfin, Victor Bers a lu ces affirmations comme les indices de la difficulté d’accès et de prise de parole des individus pauvres et inexpérimentés dans l’enceinte judiciaire, qui craignaient de s’y présenter et de s’y exprimer83. 39.1. réclamer que; croire que. Quand, accusé d’impiété, il est forcé de comparaître au tribunal, il demande à s’exprimer comme il en a l’habitude dans sa vie quotidienne : Car, sachez-le bien, c’est la première fois aujourd’hui que je comparais devant un tribunal ; or j’ai soixante-dix ans. 67 De même dans l’Euthyphron, Socrate reproche au personnage éponyme de ne pas avoir parlé aussi brièvement qu’il l’aurait pu, ce qu’il interprète comme le fait de ne pas avoir cherché à l’« instruire » (Platon, Euthyphron, 14b8-c1). 21.129 ; Esch. καὶ φθόνου καὶ » Démosthène nie tout artifice de sa part, et donc toute capacité à tromper. référence à la bataille de Chéronée. ἐπορεύου πρὸς 1.1 et Hyp. De l’“élaboré” à l’“artificiel”, de l’“artificieux” au mensonge, il n’y a qu’un pas148. L’orateur du Contre Simon de Lysias se représente comme un ἀπράγµων, quelqu’un qui s’occupe de ses propres affaires et évite les troubles, en particulier les procès, un type qui, comme le note Christopher Carey, est valorisé par Aristophane180. 3Dès lors, comment procèdent les orateurs lorsqu’il n’y a pas de courtisane à faire monter à la tribune ? ας (ἡ) : la déclamation, les vocalises, προ-αιρέομαι (...) Εἰ δ ΄ οὖν ἐστι 44 Voir Siron, « Le laconisme des Athéniens », art. Il peut cependant se dire inexpérimenté car il n’a jamais été poursuivi, ni sous l’oligarchie, ni sous la démocratie (§ 27) : il préfère, comme il l’explique, régler les différends par des arbitres privés (διαιτηταί*). Il sous-entend que les témoins sont des proches de son adversaire ou des individus payés pour leur déposition. politique, l'ora­teur doit-il déployer sa véhémence ambassadeur auprès de Philippe qui était cause des Il serait peut-être même le seul à qualifier sa compétence de « philosophie », les autres la considérant comme de l’« habileté ». δικαίως οὐδ κοινοῖς ἐξεταζομένην Il s’oppose néanmoins à ceux qui n’ont pas d’expérience (ἀπειροτέρως) dans Isocr. effet le bon citoyen ne doit pas demander aux juges convoqués On n’est pas dans la vision, au premier sens, mais dans le comme si de la vision, puisque tout le travail consiste, comme le précise Plutarque, à transformer l’auditeur en spectateur7 ». (ἀναλώσω, ἀνήλωσα, (...) Εἰ δ ΄ οὖν ἐστι Je suis donc incompétent et étranger au langage d’ici (ἀτεχνῶς οὖν ξένως ἔχω τῆς ἐνθάδε λέξεως)173. : δοκέω,ῶ Il montre ostensiblement son manque d’expérience, de façon à transformer une lacune en argument positif. ) ( μήθ ΄ devant initiale à l'esprit rude) δικαίως οὐδ courant) : entrer dans; comparaître, (accusé) ; Quant au talent d'Eschine, En effet, dans le Gorgias, il considère que son interlocuteur Polos parle trop et l’interrompt quand celui-ci a énoncé quatre phrases, à savoir six lignes72. Michael Gagarin note qu’il s’agit d’une figure de paraleipsis, c’est-à-dire une omission visant à produire un effet rhétorique47. OpenEdition est un portail de ressources électroniques en sciences humaines et sociales. de, contre, ὅλος,η,ον Toute personne honnête, ou plutôt toute personne qui veut arguer de son honnêteté, doit par conséquent éviter de fréquenter les tribunaux138. καὶ οὐδαμοῦ ποιήσασθαι Est-ce à dire, alors, que l’Aréopage serait le seul tribunal où il en irait ainsi ? πάντ ΄ ἐρεῖ · ὁ La suite oppose la brièveté (συντοµώτερον) à la clarté (σαφέστερον). David Whitehead l’interprète comme une litote (Whitehead (éd. Elles permettent de conclure à un idéal partagé de transparence. s'attaquer à moi pour venir maintenant s'en prendre à 29.32. Vérifiez si votre institution a déjà acquis ce livre : authentifiez-vous à OpenEdition Freemium for Books. Comme dans le Gorgias, Socrate, après avoir reconnu à Protagoras la capacité de parler longuement et brièvement65, lui enjoint de choisir la deuxième solution. : particule indiquant la généralité, en ce domaine (1) , vous trouverez tous que, dans les affaires L’apparition de ces représentations pourrait témoigner d’un changement culturel à l’époque classique : c’est au moment où le problème commence à se poser que la mémoire des périodes antérieures se transformerait. Isocrate en vient à présenter son enseignement comme une liturgie*, car pourvoyeuse de bons citoyens (p. 101-102). Comme l’a montré Robin Osborne (« Vexatious Litigation… », art. ἔχειν. 47Les historiens ont déjà noté l’écho entre la mise en cause du talent oratoire et de la participation aux affaires judiciaires et le blâme des professionnels de la parole et des procès que sont les sophistes et les sycophantes137. 31.8 ; 45.2 ; Is. Ce résultat confirme l’idée avancée à propos des témoins, selon laquelle l’expérience des faits doit être la plus directe possible. Ces deux affirmations vont de pair avec une troisième concernant la jeunesse des orateurs : étant jeunes, les plaignants n’auraient aucun talent oratoire ni aucun passé dans le monde judiciaire78. Il ajoute : N’ai-je pas vu là récemment encore bien des gens être condamnés en dépit de leur grande éloquence (εὖ πάνυ εἰπόντας) et des témoins qu’ils avaient produits ? Celle-là n’est jamais donnée, il faut la faire surgir, la produire tout entière par le logos. » Voir toute la démonstration p. 87-91. Lene Rubinstein en doute107 : se dire parents de l’accusé ou de l’accusateur permet aux synégores de justifier qu’ils n’ont pas été payés pour leurs discours, un cas qui pouvait ouvrir la voie à une action publique108. tout autre sentiment du même ordre ; il ne doit pas se ἔχων τὴν ψυχήν, Ces individus sont accusés à la fois de docilité et de faire une faveur à l’orateur (§ 120). Après avoir détaillé la façon de rapporter les faits survenus lors d’une ambassade, le traité explique comment exposer les événements dans un procès politique : « Quand, parlant au peuple pour notre propre compte, nous racontons quelque événement passé ou exposons la situation présente ou prédisons ce qui va arriver, il faut le faire, dans chaque cas, avec concision, clarté et sans rien d’incroyable (βραχέως καὶ σαφῶς καὶ µὴ ἀπίστως)49. Les similitudes dépassent le seul thème de l’incongruité du philosophe dans les tribunaux : voir Auguste Diès (éd. bataille, es parti en ambassade vers Philippe, l'auteur de tous les Isocrate lui-même parle de quatre-vingt-deux ans (§ 9). ὑπὲρ ὑμῶν ἀεὶ Il peut s’agir d’un procédé rhétorique : en ne se défendant pas sur ce sujet, Démosthène éviterait d’attirer l’attention des juges sur un élément qui pourrait lui être défavorable. Christ (The Litigious Athenian, op. Discours, Paris, Les Belles Lettres, 1946, p. 161, suivi par Whitehead (éd. 100 Un seul contre-exemple existe, chez Andocide, qui rappelle à deux reprises qu’il a été mis en procès quatre fois (And. εἶναι τὸν πολιτευόμενον des passions quelconques. που, κατὰ τούτων. ΄ ἐν τῇ φύσει, Plaidoyers politiques, I, op. cit., p. 95-97. 56Comment comprendre un tel paradoxe ? 13Les orateurs dénoncent très régulièrement les propos de leurs adversaires comme des digressions, ce qui permet de les remettre en cause (tableau 44)32. ἔχθραν οὔτ ΄ ἄλλο Qui donc trompe le pays? C'est-à-dire : n'est pas de relation), εὐνοία,ας Les plaignants peuvent même aller plus loin dans la critique, ainsi Diodore qui, après avoir évoqué les « inventions et digressions » (πλάττων καὶ παράγων) d’Androtion (§ 4), parle de son adversaire comme d’un « maître de la parole (τεχνίτης τοῦ λέγειν)94 ». Heureux si j'étais sûr qu'il sera aussi utile à l'orateur de vous offrir les … prévoit un danger, ce n'est pas lui qui est au même ἂ φρονεῖ ; Τῷ, δ ΄ ὁ κῆρυξ Elle montre que les ἰδιῶται, simples particuliers, prennent le sens de « personnes sans savoir oratoire » du fait de l’opposition avec les orateurs, qui sont quant à eux caractérisés comme compétents. Il fait toujours l’admiration de Socrate : voir Eric R. Dodds (éd. Il suit en cela Paul Demont qui élargit un tel idéal, connu pour avoir les faveurs des jurés – des citoyens qui passent une grande partie de leur temps au tribunal –, à la majorité des Athéniens, même ceux qui restent loin de la Pnyx et de l’Héliée*118. TOME PREMIER. voix ; c'est le fait même d'avoir même idéal que cit., p. 64-65), qui dresse un panorama de la bibliographie consacrée à ce sujet, sans pourtant citer l’article de Dorjahn. 108 Voir Leisi, Zeuge, p. 36-37 ; Rubinstein, Litigation and Cooperation, op. 125 Les sycophantes ont fait l’objet d’une étude approfondie : John O. Lofberg, Sycophancy in Athens, Chicago, Ares Publishers, 1976 [1917] ; Bonner, Smith, Justice, II, p. 39-74. ), Plato. : traduire " et cela alors que tu refusais ", ἐγώ, στεφάνου καὶ Cette exception confirme finalement le cadre général dégagé dans ce chapitre : le genre épidictique est moins soumis à la recherche de l’adhésion d’autrui que les genres judiciaire et délibératif, dans lesquels il s’agit du principal enjeu. De plus, les « faits » (τῶν γενοµένων) sont directement évoqués, comme c’est déjà le cas plus tôt (§ 8) lorsque le plaignant dénonce l’attitude de son adversaire qui a cherché à « faire disparaître les faits (τὰ γενόµενα […] ἀφανισθῆναι) ». 279 Μηδενὸς ), Hypereides: The Forensic Speeches, Oxford, Oxford University Press, 2000, p. 238. 20D’ailleurs, la concision est évoquée dans les conseils donnés par l’auteur identifié comme Anaximène de Lampsaque dans la Rhétorique à Alexandre. Le raisonnement peut paraître contreproductif, les juges en venant alors à penser que celui qui va s’exprimer est capable de les tromper. Immagine storiografica, pratica giuridica e retorica nella Grecia classica, Turin, Einaudi, 1996, p. 37-45. : exceptionnel, spécial, extraordinaire, ἐκεῖνος,η,ο Les circonstances présentes ne me permettent pas de faire appel à la mythologie ; il était donc nécessaire de traiter un tel sujet avec plus de brièveté que de précision (συντοµώτερον ἢ σαφέστερον)55. je suis ainsi, je me comporte ainsi), ψυχή, ΄ εἱλόμην τουτοισί, Le plaidoyer d’Euxithéos commence ainsi : Je voudrais, juges, que l’habileté de parole et l’expérience des affaires (τὴν δύναµιν τοῦ λέγειν καὶ τὴν ἐµπειρίαν τῶν πραγµάτων) fussent égales en moi à l’infortune et aux maux qui m’accablent : mais si j’ai éprouvé ceux-ci plus que de raison, je suis dépourvu des autres plus qu’il ne le faudrait. Socrate emploie la stratégie à laquelle ont recours les plaignants pour minimiser leur rôle dans la composition du discours176. Once connected to the Droplet, use the Local site windows to navigate the directories of your local machine and locate the files you want to upload. ), Demosthenes, op. En effaçant l’intermédiaire qu’il représente, il peut prétendre à la présentation de la vérité. (1) λαβεῖν παρ ΄ δ ΄ ὁ κῆρυξ Pierre Chiron évoque, au sujet d’un autre passage de Lysias, « l’idéal de l’Athénien tranquille117 ». [7.48]. Le terme κόµπος exprime un bruit retentissant, comme l’explique Pierre Chantraine qui analyse l’ensemble des mots qui en sont issus : « Le sens de ces mots repose sur l’idée d’un bruit qui résonne, puis c’est la valeur de “fanfaronnade” […] qui a prévalu38. Il en vient à nier toute activité auprès des tribunaux (§ 31), en affirmant notamment qu’il ne s’est jamais porté accusateur (§ 33) et qu’il a même évité de s’approcher des tribunaux (§ 38). Rhetoric, Ideology, and the Power of the People, Princeton, Princeton University Press, 1989, p. 174-177. ), Antiphon. Il s’agit pour lui de montrer qu’il a toujours fait en sorte d’éviter les affaires, jusqu’à ce que ses opposants l’aient contraint au procès.